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USA/Politique: Donald Trump devient le 45e président des États-Unis

Written on:janvier 20, 2017
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Donald Trump est devenu ce vendredi 20 janvier, le 45e président des États-Unis, promettant dans un discours sombre, offensif, aux accents résolument populistes, d’articuler sa politique autour d’un seul axe: «l’Amérique d’abord».

Donald Trump a prononcé un discours après avoir... (Photo Patrick Semansky, AP) - image 1.0

Donald Trump a prononcé un discours après avoir prêté serment.

Photo Patrick Semansky, AP

Main gauche sur la Bible, main droite levée, le magnat de l’immobilier, porté au pouvoir sur une rhétorique anti-élites, a prêté serment comme l’ont fait avant lui George Washington, Franklin D. Roosevelt ou John F. Kennedy.

«Je jure solennellement de remplir fidèlement les fonctions de président des États-Unis et, dans toute la mesure de mes moyens, de sauvegarder, protéger et défendre la Constitution des États-Unis», a-t-il déclaré, sur les marches du Capitole.

L’homme d’affaires septuagénaire a entamé sa présidence sur la même tonalité que sa campagne promettant de «rendre le pouvoir au peuple».

Le président Trump salue les militaires alors qu'il... (PHOTO SAUL LOEB, AFP) - image 3.0

Le président Trump salue les militaires alors qu’il quitte la scène du Capitole.

PHOTO SAUL LOEB, AFP

Donald Trump a prêté serment avec son épouse Melania et son fils Barron à ses côtés. Photo Kevin Lamarque, REUTERS

Donald Trump a prêté serment avec son épouse Melania et son fils Barron à ses côtés.
Photo Kevin Lamarque, REUTERS

«À compter d’aujourd’hui, ce sera l’Amérique d’abord et seulement l’Amérique!», a lancé le 45e président des États-Unis énonçant «deux règles simples: acheter américain et embaucher américain».

«Ensemble, nous rendrons sa force à l’Amérique. Nous rendrons sa richesse à l’Amérique. Nous rendrons sa fierté à l’Amérique. Nous rendrons sa sécurité à l’Amérique. Et, oui, nous rendrons sa grandeur à l’Amérique», a-t-il conclu, brandissant le poing, une image surprenante lors de ce type de cérémonie.

À 70 ans, sans la moindre expérience politique, diplomatique ou militaire, l’homme d’affaires républicain de New York succède à la tête de la première puissance mondiale au démocrate Barack Obama, 55 ans, sous le regard inquiet des alliés des États-Unis, échaudés par ses déclarations tonitruantes, parfois contradictoires.

«Un goût de revanche»

La cérémonie, suivie en direct par des millions de personnes à travers le monde, avait un goût de revanche pour celui dont l’annonce de candidature, en juin 2015, avait été accueillie par des ricanements, chez les républicains comme chez les démocrates.

Dès avant l’aube, sous un ciel menaçant, des milliers d’Américains s’étaient rassemblés sur le National Mall. Mais les vues aériennes des immenses pelouses montraient une mobilisation populaire limitée, dans un contraste saisissant avec l’investiture de Barack Obama, au même endroit, il y a huit ans.

Chez les partisans de la première heure du républicain, l’espoir était sincère, avec la conviction d’assister au début «d’une nouvelle ère».

«Je ne suis pas d’accord à 100% avec la façon dont (Donald Trump) s’exprime mais c’est un homme d’affaires qui a réussi et ce n’est pas un politicien», dit Miguel, 54 ans. «Je pense qu’il tiendra ses promesses».

«Il a su faire simple pour les gens moyens, et il a réussi à rassembler les gens», ajoute Michael Hippolito, policier new-yorkais à la retraite.

En marge de l’investiture, des milliers de cigarettes de cannabis ont été distribuées gratuitement dans la capitale fédérale américaine où la marijuana a été légalisée l’an dernier.

«Ce n’est pas un événement politique. Tous ceux qui soutiennent le cannabis sont les bienvenus. Notre message à Donald Trump: n’y touche pas», soulignait l’un des organisateurs, Alan Amsterdam.

«Tout commence aujourd’hui»

Pour cette journée historique, Donald Trump et sa femme Melania ont suivi la même tradition protocolaire que leurs prédécesseurs. Après s’être rendus à l’église St John, ils ont été accueillis pour un thé à la Maison-Blanche par Barack et Michelle Obama, en compagnie également du futur vice-président Mike Pence et son épouse, puis ont rejoint le Capitole.

Après le temps de la campagne (17 mois) et celui de la transition (deux mois et demi), voici venu celui de l’exercice du pouvoir (quatre ans) pour cet ancien animateur d’une émission de téléréalité qui a promis de «rendre sa grandeur à l’Amérique».

Le magnat de l’immobilier a obtenu 63 millions de voix contre les 65,8 millions d’Hillary Clinton, pourtant perdante dans le système de suffrage indirect.

À Washington, dans le centre-ville, des manifestants faisaient face à la police et aux partisans du milliardaire, aux cris de «Non à Trump, non au KKK, non aux États-Unis fascistes!». La police a fait usage de gaz lacrymogènes et une centaine de personnes ont été arrêtées à la suite de heurts.

Impopularité record –

Son équipe annonce pour le début de la semaine prochaine une série de décrets visant à défaire une partie du bilan de son prédécesseur (climat, immigration…) et à ébaucher le sien.

La tâche s’annonce ardue pour l’auteur du best-seller The Art of the Deal, qui a promis, avec un sens de la formule qui enchante ses partisans et consterne ses détracteurs, d’être «le plus grand créateur d’emplois que Dieu n’ait jamais créé».

La constitution de ses équipes a été difficile tant la victoire a pris le camp républicain par surprise. Les premières semaines pourraient être chaotiques.

Et jamais depuis 40 ans un président américain n’avait pris le pouvoir avec un niveau d’impopularité aussi élevé.

Lors d’une rencontre avec les élus du Congrès, Donald Trump a fait applaudir Bill et Hillary Clinton, qui ont assisté à son inauguration, assurant qu’il avait «beaucoup de respect» pour les deux. Tout au long de la campagne, il avait systématiquement affublé cette dernière du surnom de «crapule».

Hommage à Hillary Clinton

Donald Trump a par la suite rendu un hommage appuyé à Hillary Clinton, sa rivale battue à la présidentielle, lors d’un déjeuner au Congrès, en présence de Bill et Hillary Clinton, qui ont assisté à la cérémonie d’investiture du 45e président des États-Unis.

«J’ai été honoré d’apprendre que l’ancien président Bill Clinton et Hillary Clinton allaient venir aujourd’hui et je voudrais que vous vous leviez», a déclaré Donald Trump devant des invités qui ont applaudi, debout, le couple Clinton, à la fin du déjeuner de parlementaires et de dignitaires organisé au Congrès après la prestation de serment du nouveau chef de l’exécutif américain.

«J’ai beaucoup de respect pour ces deux personnes, merci à tous d’être là, nous allons avoir quatre grandes années, espérons-le, de paix et de prospérité», a ajouté le président Trump, dans un bref discours au ton apaisé et conciliant.

Après une campagne particulièrement acrimonieuse et la défaite électorale de Hillary Clinton le 8 novembre, l’ancienne secrétaire d’État a fait quelques apparitions publiques remarquées.

En assistant à la prestation de serment de Donald Trump avec son mari ex-président, l’ancienne Première dame a fait preuve d’un indéniable franc-jeu et a signé son retour devant les caméras du monde entier.

Lors de la cérémonie sur les marches du Capitole, Hillary Clinton était visiblement tendue et M. Trump ne l’a pas mentionnée dans son discours d’investiture d’un peu plus d’un quart d’heure.

Applaudie en revanche à la demande du président Trump lors du déjeuner du Congrès, l’ancienne candidate démocrate a arboré un large sourire.

«Que vous soyez un républicain ou un démocrate, cela ne fait aucune différence, nous allons bien nous entendre et c’est un honneur», a conclu M. Trump devant des élus des deux bords politiques.

Obama en vacances à Palm Springs

Sur la scène internationale, le bouillant promoteur immobilier a déjà décoché ses flèches à l’encontre de la Chine, de l’OTAN ou encore de la chancelière allemande Angela Merkel.

Or c’est sur ce front que son mandat suscite les plus grandes interrogations. Les dirigeants de la planète se demandent quelle valeur exacte accorder à ses déclarations quand les responsables qu’il a nommés à la diplomatie ou au Pentagone prennent des positions apparemment inverses, comme sur la Russie de Vladimir Poutine ou l’accord nucléaire iranien.

Après huit années au pouvoir, Barack Obama a indiqué qu’il entendait rester à l’écart de la «mêlée» pour laisser son successeur gouverner, mais à condition que certaines lignes rouges ne soient pas franchies.

«Je ne m’arrêterai pas, je resterai là avec vous, en tant que citoyen», a-t-il écrit dans l’un de ses derniers tweets sous le compte @POTUS, qui a ensuite été transféré à son successeur.

Juste après la cérémonie, il a rejoint la base militaire d’Andrews d’où il s’est envolé directement pour Palm Springs, en Californie, où il a prévu de passer en famille ses premières vacances d’ancien président.

«Notre démocratie, ce ne sont pas des monuments ou des bâtiments, c’est vous», a-t-il lancé juste avant de monter à bord.

Crédit: CANAL+HAÏTI avec DIASPORAMA-HAITI/AFP/LaPresse/REUTERS

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