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Haiti/Crise: Les mercenaires étrangers arrêtés en Haïti devaient rapporter plus de 80 millions de dollars au président.

Written on:mars 21, 2019
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Un article publié ce 20 mars par Intercept, magazine lancé par Glenn Greenwald, journaliste à l’origine des révélations d’Edward Snowden, divulgué des informations qui jusque-là n’étaient qu’au stade de rumeur.

Publié suite à une enquête de Matthew Cole et Kim Yves, ce papier affirme que les assaillants ont foulé le sol haïtien vers 5h du matin le 16 févier. Ils étaient accueillis à l’aéroport par un assistant du président de la République et deux autres individus proche du régime. Ces derniers les ont permis d’éviter les agents des douanes et de l’immigration.

Selon The Intercept, le chef de la mission, Kent Kroeker, un ancien pilote de Marine C-130 âgé de 52 ans, avait dit à ses hommes que l’opération avait été demandée et approuvée par Moïse lui-même. Une source du journal affirme cependant qu’aucun des mercenaires n’a parlé directement à Moïse ni reçu de documents officiels du gouvernement haïtien.

*« Les émissaires du président haïtien avaient déclaré à Kroeker que la mission impliquerait d’escorter l’assistant présidentiel, Fritz Jean-Louis, à la banque centrale haïtienne, où il devait virer 80 millions de dollars par voie électronique d’un fonds pétrolier gouvernemental à un deuxième compte contrôlé par le seul président. Au cours du processus, les Haïtiens ont dit aux Américains qu’ils préserveraient la démocratie en Haïti »* avance le journal.

L’on apprend également que la plupart de ces hommes avaient été payés d’avance : 10 000 dollars chacun à l’avance, avec 20 000 dollars supplémentaires promis à chaque homme une fois le travail terminé.

Arrivés sur le terrain, ces individus allaient connaitre un tout autre sort. Ils allaient se faire arrêter avec un stock de fusils semi-automatiques, d’armes de poing, de gilets pare-balles en kevlar et de couteaux, puis interrogés par la police.

À la question, pourquoi ils n’étaient pas passés par les voies officielles, l’un d’eux a répondu à aux policiers «* parce que le président ne vous fait pas confiance *», a confié une autorité policière à The Intercept. Cette même source à demander au journal de ne pas être citée, car elle n’était pas autorisée à parler publiquement de ce qui s’est passé.

Toujours selon The Intercept, citant cette source policière, Michel-Ange Gédéon, directeur général de la PNH , a répondu aux appels de Jean-Louis, d’Ardouin Zéphirin, conseiller spécial de Jovenel Moise, et du ministre haïtien de la Justice, Jean Roody Aly. Ils affirmaient que les Américains menaient des « affaires d’État » et y « travaillaient pour la banque ». Ils avaient tous indiqué que le président avait autorisé les Américains et qu’ils devraient être libérés. Ce que le DG de la PNH a refusé.

À en croire le journal, Fritz Jean-Louis, ancien directeur de la loterie nationale, gérée par la BRH et Josué Lecomte, un Américain d’origine haïtienne vivant à Brooklyn et proche ami de Moïse, seraient deux poids lourds dans ce dossier.

The Intercept croit savoir que c’est Leconte son associé, Gesner Champagne qui ont payé l’opération. Ils ont également rencontré les Américains à l’aéroport de Port-au-Prince, protégeant du coup le président.

« En échange de leur aide, le président a promis à Leconte et à Champagne de céder un contrat de télécommunication national à Preble-Rish Haiti, les sociétés d’ingénierie et de construction Leconte et Champagne fonctionnant ensemble » auraient-ils déclaré aux Américains.

Soulignons que l’Haïtien appréhendé en compagnie des mercenaires, Michael Estera, avait affirmé qu’il travaillait comme traducteur et chauffeur pour le compte de cette compagnie située à Pétion-ville.

Pour le journal américain, ce plan était en fait « un effort sérieux mais mal exécuté de Moïse pour consolider son pouvoir politique avec force ». D’ailleurs ni ce dernier, ni l’ambassade d’Haïti à Washington n’ont répondu aux demandes de commentaires du journal.

Après de la libération des Américains, Jean-Louis et Leconte ont fui Haïti. Le dernier est rentré aux États-Unis via la République dominicaine. Un jour après son arrivée à New York, son profil Facebook a été supprimé. Le 24 février, Leconte à fui un journaliste qui avait demandé un commentaire devant son domicile à Brooklyn et s’est caché dans un garage.

La seule personne à avoir discuté publiquement de cette affaire est Chris Osman, l’un des ex-Navy SEALs. Il a écrit sur Instagram que lui et ses acolytes étaient venus accomplir un travail pour «des personnes directement liées au président actuel». Il avait affirmé également que ses collègues et lui « étaient utilisés comme des pions dans une bagarre publique entre le chef de l’État et son Premier ministre. Un poste qu’il supprimé depuis.

Cet article de Matthew Cole et Kim Yves, vient apporter un peu de crédit aux allégations de l’ancien sénateur Moise Jean-Charles. Ce dernier affirmait que les mercenaires étaient en Haïti afin de braquer la Banque centrale. Une théorie jugée abracadabrante par les proches du pouvoir.

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