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Haiti/Economie: Lettre ouverte à M. Charles Castel, Gouverneur de la BRH.

Written on:août 28, 2013
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Port-au-Prince, le 21 août 2013

 Monsieur Charles Castel

Gouverneur

de la Banque de la République d’Haïti (BRH)

Monsieur le Gouverneur,

            Nous, membres du Collectif des déposants victimes de la Société Haïtienne d’Epargne et de Crédit (SHEC), vous présentons nos compliments et avons l’avantage de vous exposer ce qui suit :           

Charles Castel

Détenteurs de comptes d’épargne et de dépôts à terme en gourdes et en dollars à la SHEC, institution financière fonctionnant dans le pays avec l’autorisation et sous la supervision de la Banque de la République d’Haïti (BRH), nous entreprenons depuis plusieurs années des démarches en vue de récupérer nos avoirs placés dans cette société dont le contrôle effectif est assuré par la Banque Centrale depuis 2006. Toutes les démarches entreprises jusqu’à aujourd’hui, tant de manière individuelle que collective auprès des décideurs sont restées vaines. Nombre d’entre nous sont du troisième âge. Nous avons travaillé dur pour couvrir nos obligations familiales et préparer notre retraite dans la dignité. C’est parce que nous avons fait confiance au système bancaire de notre pays régulé par la Banque de la République d’Haïti dont vous tenez depuis des années le gouvernail que, sans la moindre inquiétude, nous avons déposé notre argent sans nous soucier du mode de gestion qui en sera fait. Dans l’impossibilité d’obtenir satisfaction auprès des responsables de la SHEC, informé des interventions de la Banque Centrale pour supporter la SHEC dans ses difficultés, nous avons décidé, sur la recommandation d’une autorité du conseil d’alors de la BRH, de constituer un collectif des déposants. Ce collectif a sollicité et obtenu une rencontre avec le dit conseil, réunion qui s’est tenue en janvier 2008 au siège même de la BRH et a abouti à un modus operandi devant permettre à la SHEC d’aplanir ses difficultés à travers un nouveau conseil d’administration que nous devrions élire et le conseil d’administration de la BRH nous promit, à l’occasion, son assistance.

            En effet, suite à notre rencontre avec la BRH, a été tenue une assemblée générale de la SHEC. Le collectif qui entendait mettre à nu l’incompétence du conseil d’administration ayant conduit à la débâcle de la SHEC et procéder à son remplacement fut adroitement évité. De plus, ô surprise, dans la quinzaine précédent la tenue de cette assemblée générale, ce conseil d’administration reçut, de la BRH même, une véritable planche de salut : la BRH débloquait des fonds pour honorer les comptes d’épargne en gourde à travers les guichets de la BPH. Fallait-il désamorcer une explosion ? On remboursait certains, on ignorait d’autres.

            Depuis lors, la BRH, enfermée dans son silence semble vouloir faire accroire qu’elle n’a rien à voir avec la gestion catastrophique et la dilapidation des fonds de la SHEC, comme si elle n’est pas l’autorité de contrôle, de supervision, et de régulation du système financier.

            Aujourd’hui plus de six ans depuis l’éclatement de cette affaire, il est plus que temps pour nous de récupérer nos avoirs. Nous ne demandons pas une faveur, nous réclamons nos épargnes acquises à la sueur de notre front. Nous réclamons notre argent dont la BRH a aujourd’hui la garde effective en tant que tuteur de la SHEC. Nous réclamons notre argent que la BRH en tant que régulateur du système financier, se devait de garantir.

            Qu’on nous rende le fruit de nos labeurs. Et ce sera justice.

 

 

                                                                                                        Pour Le Collectif des déposants

Victimes de la SHEC :

Gamil ECHEMA

Madame Frank PAUL

Miche Berlin DEJEAN

Gerard LOUISIAS

Turenne JEAN-ENARD

3 Comments add one

  1. omnilife paul says:

    Ominilife Paul et si nous nous occupants de notre croissance économique et diminuer
    notre taux de chaumage et déficit budgétaire ,je pense que c’est notre priorité

  2. omnilife paul says:

    Ominilife Paul
    La dictature de l’économie politique

    Il fut un temps où les économistes se tenaient à l’écart de la politique. Nous considérions que notre métier avait pour vocation de décrire la manière dont les économies de marché fonctionnent, de mettre le doigt sur leurs défaillances, et de déterminer les mesures les mieux à même d’améliorer l’efficacité de ces économies. Nous procédions à l’analyse des équilibres entre les différents objectifs en jeu (par exemple équité contre efficacité), et prescrivions les mesures susceptibles de répondre aux résultats économiques escomptés, en tenant compte de la redistribution. Il appartenait aux politiciens de suivre ou d’ignorer nos conseils, et aux bureaucrates de les appliquer ou non.

    Par la suite, certains d’entre nous sont devenus plus ambitieux. Frustrés par le fait de voir nos recommandations demeurer lettres mortes (tant de solutions relatives au marché espérant encore une oreille attentive !), notre démarche analytique est devenue celle des politiciens et des bureaucrates eux-mêmes. Nous avons commencé à examiner le comportement politique en utilisant le même cadre conceptuel qu’à l’égard des décisions du consommateur et du producteur dans une économie de marché. Les hommes politiques sont devenus des prestataires de faveurs politiques axés sur la maximisation des revenus, les citoyens des lobbies et groupes d’intérêts particuliers en quête de rente, et les systèmes politiques de véritables lieux de marché voyant les bulletins électoraux et l’influence politique échangés contre des avantages économiques.

    C’est ainsi que sont nés une économie politique du choix rationnel et un style de théorisation que beaucoup de politologues ont rapidement adoptés. Avantage apparu de notre côté, nous sommes devenus en mesure d’expliquer pourquoi les décideurs politiques violaient si souvent par leurs actions la rationalité économique. En effet, nul « intérêt particulier » n’était étranger aux disfonctionnements économiques.

    Pourquoi tant de secteurs sont-ils fermés à la concurrence réelle ? Parce que ceux qui en tirent profit ont les politiciens dans leur poche. Pourquoi les gouvernements érigent-ils des barrières au commerce international ? Parce que les bénéficiaires de la protection commerciale sont concentrés et politiquement influents, là où les consommateurs sont épars et désorganisés. Pour les élites politiques entravent-elles les réformes qui permettraient de stimuler la croissance économique et le développement ? Car la croissance et le développement compromettraient leur mainmise sur le pouvoir politique. Pourquoi l’existence de crises financières ? Parce que les banques captent le processus politique afin de pouvoir prendre des risques excessifs au détriment de la population.

    Pour changer le monde, il faut le comprendre ; un mode d’analyse qui semblait autrefois nous élever à un niveau supérieur de compréhension des événements économiques et politiques.

    Il existait néanmoins un profond paradoxe dans tout cela. Plus nous prétendions expliquer les choses, moins nous avions la possibilité de les améliorer. Lorsque le comportement des décideurs politiques est déterminé par les intérêts qui sont les leurs, les recommandations des économistes en matière de réformes politiques sont vouées à tomber dans l’oreille d’un sourd. Plus notre science sociale est aboutie, plus la pertinence de notre analyse politique est réduite.

    C’est ici que s’effondre l’analogie entre les sciences humaines et les sciences naturelles. Prenons par exemple la relation entre la science et l’ingénierie. À mesure de l’enrichissement des connaissances des scientifiques sur les lois physiques de la nature, les ingénieurs sont à même de bâtir de meilleurs ponts et bâtiments. Les progrès en sciences naturelles transcendent notre capacité à façonner notre environnement physique, ils n’entravent pas cette capacité.

    Or, la relation entre économie politique et analyse politique est aux antipodes de cela. En endogénéisant le comportement des acteurs politiques, l’économie politique affaiblit les analystes politiques. C’est comme si les physiciens énonçaient non seulement des théories permettant d’expliquer les phénomènes naturels, mais déterminaient également les ponts et les immeubles qu’il appartiendrait aux ingénieurs de bâtir. Il n’y aurait alors guère besoin d’écoles d’ingénieurs.

    Si une telle hypothèse vous semble présenter une certaine anormalité, c’est que vous mettez le doigt sur quelque chose. En réalité, l’approche actuelle de notre économie politique est emplie d’hypothèses implicites concernant le système de pensée qui sous-tend le fonctionnement des systèmes politiques. Rendre explicites ces hypothèses ferait s’évaporer le rôle décisif des intérêts particuliers. Le processus d’élaboration des mesures, le leadership politique et les acteurs humains reviendraient à la vie.

    Les idées façonnent les intérêts de trois manières. Tout d’abord, les idées déterminent la manière dont les élites politiques se définissent et fixent leurs objectifs – argent, prestige, statut, longévité en exercice, ou encore place dans les livres d’Histoire. Ces questions d’identité sont centrales quant à la manière dont agissent ces élites.

    Deuxièmement, les idées déterminent les opinions des acteurs politiques sur la manière dont fonctionne notre monde. Les intérêts commerciaux puissants auront plus tendance à faire pression en faveur de politiques différentes lorsqu’ils estiment que la stimulation budgétaire n’entraîne que de l’inflation que lorsqu’ils estiment qu’elle génère une plus forte demande globale. Les gouvernements en quête de recettes auront plus tendance à mettre en place un impôt plus faible lorsqu’ils pensent que celui peut être contourné que lorsqu’ils pensent que cela n’est pas possible.

    Plus important encore du point de vue de l’analyse politique, les idées déterminent les stratégies que les acteurs politiques pensent pouvoir entreprendre. Par exemple, l’une des manières dont les élites peuvent rester au pouvoir consiste à contrôler toute l’activité économique. Mais une autre manière consiste à encourager le développement économique tout en diversifiant leur propre assise économique, en établissant des coalitions, en promouvant une industrialisation dirigée par l’État, ou en adoptant diverses autres stratégies dont les limites n’ont trait qu’à l’imagination de ces élites. Élargissez la portée des stratégies envisageables (ce à quoi s’attachent la juste élaboration des politiques et le juste leadership), et vous transformez radicalement comportements et dénouements.

    C’est en effet ce qui explique certains des revirements les plus étonnants dans la performance économique des dernières décennies, comme par exemple l’explosion de la croissance en Corée du Sud et en Chine (respectivement dans les années 1960 et à la fin des années 1970). Dans les deux cas, les grands gagnants ont été les titulaires d’« intérêts particuliers » (l’establishment du monde des affaires coréen et le Parti communiste chinois). Ce n’est pas la reconfiguration du pouvoir politique qui a permis les réformes, mais bien l’émergence de nouvelles stratégies. Le changement économique se produit souvent non pas lorsque les intérêts particuliers sont mis en défaite, mais lorsque des stratégies différentes sont entreprises dans la poursuite de ces intérêts.

    L’économie politique reste bien évidemment indispensable. Sans une compréhension claire de qui gagne et qui perd sur la base du statu quo, il est difficile de donner du sens à nos politiques existantes. Pour autant, le fait de voir excessivement privilégier les intérêts particuliers peut aisément nous détourner de la contribution essentielle qu’apportent l’analyse des politiques et l’entreprenariat politique. Les possibilités de changement économique sont non seulement limitées par la réalité du pouvoir politique, mais également par la pauvreté de nos idées.

  3. je veux rejoindre votre staff. Dufort Mibel ingenieur de formation en science informatique.(INUQUA)

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