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Haïti/Education/Réflexions: Maux amers et Mots divers – 6… Changements !

Written on:juillet 28, 2015
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Marie-Marthe Balin Paul (Mme. Franck Paul)

Marie-Marthe Balin Paul (Mme. Franck Paul)

Classes enfantines, cours Préparatoires, cours élémentaires, cours moyens, cours primaires supérieurs, cours supérieurs, humanités… C’est le long parcours auquel étaient astreints autrefois les écoliers haitiens, à raison de deux années au moins par niveau et deux vacations par jour; dans certaines écoles, il y avait des classes dites maternelles pour les touts petits.  Les épreuves de baccalauréat introduites chez nous au début du XXème siècle n’y ont pas changé grand chose même après l’adoption de nouvelles dénominations au cours des années 50. Imitant peut-être les américains qui vont de la première à la douzième année, nous avons,à cette époque,  renversé le rangement de la 12ème  à la 1ère en y ajoutant la classe terminale dite de philosophie. A la Réforme Bernard,nouvel organigramme, nouvelles appellations de nos niveaux d’études: la classe de 7ème est devenue la 6ème Année et celle de 6ème,la 7ème Année; même exercice pour la 9ème et la 4ème. Faites vous même un essai pour la 8ème et la 5ème . Vous y avez réussi?  En tout cas, dans le monde scolaire et son environnement, c’est passé!

            Quel profit avons-nous tiré de cette gymnastique termilogique?  Un enseignement de meilleure qualité?  La modernisation des méthodes? La formation de citoyens patriotes?  Un miracle pédadogique inédit? Voyons plutôt:  au temps déjà loitain des cours moyens et autres, un enseignement théorique, étranger à notre réalité, était réservé à une élite très réduite peu intéressée au développement national  tandis que le “Pays en dehors”, la masse populaire était exclue de tout progrès.  Quand vinrent les classes de 12ème à 1ère couronnées par le bac, le souci élitiste n’avait guère changé et nos dirigeants n’ont pas su répondre à la juste demande d’une population jeune, désireuse de s’intégrer à part entière dans notre société.  L’offre scolaire publique insuffisante s’est alors vite élargie de façon anarchique, sans directives, sans objectifs bien définies, sans souci de qualité.

            Nous voilà donc aujourd’hui – bien que dotés d’une Réforme assez bien pensé sur le papier – dans un système scolaire entièrement désorganisé: prolifération de petites écoles minables à tous les points de vue, programmes insuffisamment diffusés, financements mal coordonnés, méthodes archaïques, carence de maîtres compétents, taux de redoublants très élevé. Avec, entre autres conséquences néfastes, l’attrait de l’étranger, la fuite de nos cerveaux, une société émiettée, un pays physique ravagé par ses propres fils.

La solution paraît tenir du seul miracle et nous ne semblons pas avoir peur.

Alors, Haïti, verras-tu un jour tous tes fils réunis autour de ton drapeau pour fonder l’Ecole dont tu as besoin pour forger la Nation ?

Ojala!

Crédit: Marie-Marthe Balin Paul/CANAL+HAITI

N.D.L.R.- La chronique hebdomadaire « Maux amers et Mots divers » présentée, par Marie-Marthe Balin Paul en partenariat avec CANAL+HAITI, est sponsorisée par :

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