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Haïti/Réflexions/Diasporama: Mise en Garde !

Written on:mai 20, 2013
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 «  Mise en Garde « 

                Les beaux slogans font encore leur petit effet et permettent aux plus optimistes de conserver l’espoir en des lendemains meilleurs. Ils réclament des opposants qu’ils accordent une chance au pays « entendez au gouvernement », comme pour faire oublier à ces derniers que la finalité d’un parti politique, c’est la prise du pouvoir, conformément aux règles démocratiques préétablies. Ce n’est certes pas souvent le cas en Haïti, d’autant que les conditions objectives pour l’établissement d’un État de Droit brillent par leur absence depuis toujours. Au point où l’on en est, on serait en droit de se demander s’il existe vraiment des secteurs politiques ou autres, qui souhaitent vraiment l’avènement de la démocratie dans ce coin de pays.

        Poser la question risque de foutre en rogne tous les démagogues, bluffeurs et contempteurs de la nation. Ils ont tous été démasqués depuis belle lurette. Ils ne sont plus aussi dangereux que dans le temps, mais leur capacité de nuisance demeure encore relativement élevée.

        Ceci étant dit, sinon répété pour la énième fois, Il est temps que la fameuse boutade « plus ça change, plus c’est pareil » cesse de se justifier eu égard aux affaires haïtiennes.

        Les documents semblent attester qu’au pays de Dessalines, de  Pétion et de Christophe, les compétences ne manquent pas, à l’intérieur comme en diaspora, où à chaque coin de rue on a la chance de rencontrer un doctorant détenteur de la vérité tranquille.

        Chacun de ces messieurs ou dames charrie dans ses paperasses, un plan qu’il suffirait d’exécuter à la lettre et les yeux fermés afin d’extirper ce « singulier petit pays » de ses profondeurs abyssales une fois pour toutes.

        L’ironie de la chose c’est que chacun de ses plans peut facilement se retrouver sur Google, n’étant qu’un copier coller de ce qui s’est déjà dit ou fait ailleurs, avec plus ou moins de succès, sans tenir compte des spécificités propres à problématique, en l’occurrence, le pays le plus corrompu et conséquemment le plus pauvre de l’hémisphère.

        Il y a à peine quelques années, nos petits cousins gaulois, dans leur grande générosité, nous ont gratifiés du concept moderne de « projets structurants ». Nos intellos ne jurent que par ces deux vocables magiques, hélas sans se soucier de leur fournir un contenu, impliquant les acteurs des communautés visées et porteur de progrès et de prospérité pour la mère patrie.

       «  Imiter oui! Singer mille fois non! »

        La refondation du pays ne se fera pas tant que prévaudra ce comportement de « yes men », toujours prêt à débiter ce qui vient d’ailleurs à l’instar de perroquets bien dressés.

        Les croyances absurdes, politiques ou religieuses, qui nous maintiennent dans les méandres de la dépendance nous ont déjà réduits à une peau de chagrin. Refaire l’image du pays ne saurait être l’affaire de propagandes tapageuses et malheureusement creuses qui font rire de nous plus qu’autre chose.

        Nous sommes peut-être à notre dernier quart de tour. Plus tard risque d’être trop tard. Les querelles pro ou antigouvernementales frisent l’infantilisme de la part de certains de nos leaders politiques, tant au sein du gouvernement que dans l’opposition, à court d’une véritable vision nationale et qui ne pensent qu’aux intérêts de leurs petites personnes et/ou de leurs clans.

        Les intérêts supérieurs de la nation commandent que toutes les énergies soient bandées afin de répondre adéquatement aux urgences de l’heure, indépendamment des théories sulfureuses gargarisées sur toutes les stations de radio. Lesquelles, engendrent plus de confusion que de clarté dans l’esprit des millions d’affamés qui ne réclament que des « emplois ».

        En effet, la capacité de pouvoir travailler afin de subvenir à leurs besoins, à ceux de leurs familles et conséquemment, participer activement au développement de la patrie commune.

        Des millions de bras robustes attendent impatiemment : « pelles, pinces et picois », pour se remettre au travail dans la dignité et refaire de la paysannerie le fer de lance du développement national, par l’agriculture et l’élevage, le tout greffée d’une agro-industrie mettant en valeur nos produits tropicaux pour lesquels un vaste marché existe et attend déjà d’être bien desservi.

        Au risque d’être taxé d’attardé mental, nous prenons le risque de questionner l’utilisation de tracteurs, de pelles mécaniques et de bulldozers qui remplacent malencontreusement la main de l’homme, dans un souci tout à fait inhumain d’efficacité.

        Ceux-là qui ont inventé ces machines y ont pensé à un certain stade de leur développement, ce qui est loin d’être notre cas. Encore qu’aujourd’hui, avec la crise financière internationale et un taux de chômage qui fait friser les cheveux soyeux des maîtres du nouveau monde et avec l’économie néolibérale qui donne froid dans le dos, tout est remis en question, sauf dans la première république nègre.

        Est-il à ce point impossible pour le gouvernement, de s’asseoir avec les quelques partis politiques sérieux, les autres secteurs vitaux de la nation, au lendemain de la commémoration de notre bicolore, symbole d’union et de fraternité, en vue d’établir ce climat consensuel, pour nous aider à envisager une sortie de crise profitable à tous, sans exclusive ni réserve?

        Un de nos amis, psychanalyste en herbe, nous a suggéré que le tremblement de terre aurait tellement secoué nos compatriotes, dans leurs biens, dans leur âme et leurs cerveaux qu’il leur a été extrêmement difficile de se ressaisir et de se prendre en main. Nous voulons bien lui accorder le bénéfice du doute. Mais trois ans après, les premiers signes de réhabilitation devraient être perceptibles, même par les observateurs les moins avertis. Hélas cela semble ne pas être le cas!

        S’il s’est développé une quelconque psychose aggravant les déviances préexistantes, cette expertise ne relevant pas de notre champ de compétence, nous n’oserons pas élaborer là-dessus, espérant tout de même que les voix autorisées accourront auprès de ceux-là qui pourraient avoir besoin de leur science, car l’heure est grave et tout le monde se doit de mettre la main à la patte.

        Est-il besoin de rappeler que dans l’état actuel de la situation au pays, aucun parti politique ou secteur ne peut à lui seul résoudre en tout ou en partie ce casse-tête à nul autre pareil. Il faut indubitablement la participation active de tous les enfants d’Haïti, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du terroir national. Ceci étant vite dit, encore faut-il offrir à ces enfants de passer de la parole aux actes, à travers des projets inclusifs à la portée de tous et vraiment générateurs de ce minimum de bien être, sans lequel il s’avère difficile, sinon impossible, de pratiquer la vertu.

        En conclusion et c’est en même temps une fervente prière adressée à tous et chacun d’entre nous. Un grand philosophe dont le nom nous échappe a laissé entendre que les mains de Dieu sont celles des hommes.

         S’il en est ainsi, prenons-nous donc par la main afin d’éviter le pire qui nous guette chaque jour davantage et ensemble parachevons l’œuvre de nos ancêtres qui ont réalisé la révolution armée, en peaufinant la révolution culturelle et économique. Ce faisant nous n’aurons pas démérité de la patrie.

                  

                                                

Crédit : Serge H. Moise  (SHM) av./CANAL+HAÏTI

email(courriel): canalplushaiti@yahoo.fr

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